E-Zine

Interview de Taïro (28/01/17) / 23 mars 2017

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Coralie Bottin : Pourquoi avoir choisi le titre « Reggae français » pour le nom de l’album ?     Taïro : Pour plusieurs raisons. Déjà parce que c’est ce qu’il y a dans le disque, du reggae en français. Aussi parce qu’on a une question identitaire qui a été soulevée notamment par la politique en France et qui est très présente. Effectivement j’ai l’impression qu’il y a des gens en France qui se demandent s’ils sont français alors qu’ils sont nés ici, il y en a d’autres qui ne se demandent pas s’ils sont français mais qui par moments se sentent un peu mal, comme s’il y avait une sorte de culpabilité sur le fait d’être français. C’est peut-être parce qu’il y a des choses qui n’ont pas été réglées avec le passé comme avec le passé colonial, une politique étrangère qui n’a pas toujours été la bonne... Cet album, c’était pour essayer de nous réconcilier avec notre identité. Parce qu’aussi, reggae et français ce sont deux mots qui ne vont pas ensemble à priori, le reggae n’est pas du tout français. Il est complètement jamaïcain. Ici il ne s’agit pas de faire de la récupération mais juste d’expliquer que la musique et la culture peuvent être un pont entre les peuples ; c’est pas parce que le reggae est jamaïcain, qu’on ne peut pas faire une musique un peu cousine et créer des ponts entre les Jamaïcains et les Français, entre leur musique et la nôtre, leur langue et la nôtre… On est avant tout des êtres humains et nos cordes sensibles jouent sur les mêmes choses : on connait tous la joie, la peine, la peur, la déception, peu importe d’où on vient. Donc voilà, je voulais essayer de réconcilier ce qu’on est avec nos identités. Il n’y a pas de fierté particulière à être français parce qu’on ne le choisit pas mais il n’y a pas de honte non plus, et si on veut que la politique étrangère change, il faut qu’on se bouge. Le problème, ça a été de dire qu’il y a des gens qui ne sont pas français de souche, issus de l’immigration, qui ne seraient pas totalement français... Ce qui est complètement con parce que quand on nait ici, on va à l’école ici, on paye ses impôts ici, on est Français. Et même pour les gens qui viennent de loin pour échapper à un climat difficile, la France n’est pas le paradis non plus. Il faut ni avoir honte ni croire qu’on est supérieur d’être français. Voilà pourquoi j’ai décidé d’appeler cet album « Reggae français ».     Emma Head : Sur l’album il y a un seul feat. Je voulais savoir si tu voulais faire des collaborations avec certains artistes que tu n’as pas encore fait ?     Taïro  : Oui alors j’avais l’intention de faire un morceau avec Alpha Blondy et puis finalement au dernier moment ça n’a pas pu se faire, donc peut-être pour le prochain album, pour une autre fois. Sinon il y a pleins d’artistes avec lesquels j’aimerais travailler.     Emma Head : Dans le reggae ?     Taïro : Dans le reggae ou ailleurs, dans le rap, dans la variété, j’aime bien Arthur H par exemple !     Coralie Bottin: Qui est-ce qui prend les initiatives pour les clips ? Qui décide où ça se déroule ?     Taïro  : Alors c’est souvent un consensus. On se réunit ensemble et on réfléchit à ce qu’on va faire. C’est moi qui aie le dernier mot en général, enfin toujours d’ailleurs (rires). Le premier clip qu’on a fait, « Le bon vieux temps », l’idée, c’était d’utiliser la jeunesse d’aujourd’hui et de montrer un peu ce qu’ils vivent, en me remettant un peu dans le quartier où j’ai grandi. Mais on voulait raconter leur histoire plutôt que de faire semblant qu’on était dans les années 80. Le clip « Rendez-vous », on l’a confié à une réalisatrice qui s’appelle Marie Jardillier qui est une jeune réalisatrice assez cool, qui est aussi productrice de films, de longs métrages mais qui a aussi fait un court métrage. Et le clip « Changer », on l’a fait avec Pilou Guetta et Alexandre Attal et avec la participation de Greenpeace, Amnesty International, L’auberge des migrants et MSF. On s’est baladé un peu dans la France pour aller sur des évènements organisés par ces associations et aller voir l’auberge des migrants, pour raconter un peu. C’est vrai que ces gens-là qui ne sont ni des vedettes ni des stars sont quand même des héros du quotidien. J’avais envie de leur rendre hommage.     Emma Head : Et justement en parlant du clip « Changer » et de la chanson en général, tu as posté un petit message sur Facebook en demandant à tes followers ce qu’ils avaient envie de changer en 2017, et du coup je me permets de te demander ce que toi tu aimerais voir changer en 2017 ?     Taïro : Pour que les choses changent, il va falloir que nous d’abord on change nos comportements en fait. On ne peut pas attendre comme ça, si on veut moins de pollution et bien il faut moins être polluant. Par exemple j’essaye de moins en moins de manger de viande même si j’ai pas une culture végétarienne du point de vue familial donc c’est pas forcément facile et puis on nous propose toujours de la viande partout, mais ça commence à changer aussi un petit peu. Donc j’aimerais réduire, n’en manger qu’une fois par semaine ce serait déjà super. J’ai pas de voiture, j’ai un scooter donc je ne pollue pas trop trop. Je prends pas mal les transports, et après je dirai c’est aussi à propos de la relation qu’on entretient en général avec les autres. Quel que soit notre statut social, il faudrait qu’on apprenne à respecter les gens tant que eux nous respectent, et améliorer le fait que des fois on préjuge un peu ce que sont les gens par rapport à ce qu’ils laissent paraître ou à ce que leur statut social en dit. Il faut tout simplement essayer de respecter les gens au quotidien ce qui n’est pas toujours évident. J’ai une éthique vis-à-vis de ça que j’applique depuis longtemps et que je tiens à conserver et à améliorer encore.     Coralie Bottin : Je trouve que l'album est beaucoup plus engagé que d'habitude. Il s’est passé un événement particulier ?     Tairo : Non en fait, c'est les morceaux qui ont le plus marché qui sont sortis, que les gens connaissent le plus et donc ils m'assimilent à ça mais dans « Ainsi soit-il » il y a un morceau qui s'appelle « FS-90 » et qui parle des armes. Je me met à la place d'une arme et je raconte son histoire. Il y a également un morceau qui s'appelle « Justice ». Dans « Cœur et armes », il y a « l'animal geint ». Quand j'ai commencé dans les sound systems, on disait que je faisais du reggae conscient. Donc ça dépend des morceaux qu'on écoute de moi, des moments où on me croise.     Emma Head: C'est vrai qu'il faut plus écouter les albums en entier. Moi quand j'ai dit à mes potes que j'allais interviewer Taïro ils m'ont tous parlé de « Bonne Weed ».     Tairo : Oui, et puis « Bonne weed », c'est un morceau assez léger, mais c'est aussi finalement un morceau un peu politique, il a eu autant de succès parce que la weed est pénalisée. Si c'était un truc un peu banal, c'est pas sûr que ça marcherait autant. Et puis par exemple il y a aussi les morceaux comme « Une seule vie » qui sont des morceaux qui, on va dire, entre guillemets, traitent de la sexualité ou bien les morceaux d'amour. Souvent on me dit « oui tu fais des chansons d'amour, t'es un lover, tu fais des chansons légères... » mais l'amour ça n'a rien de léger, la sexualité ça n'a rien de léger. C'est présent dans la vie de tout le monde. Et il faut  que les gens puissent le vivre de façon libre parce que si tu ne vis pas ton amour ou ta sexualité de façon libre, tu vas avoir une vie horrible.     Emma Head : Et une chanson légère, ne veut pas dire qu'elle est mauvaise.     Tairo : En plus, en plus ! C'est vrai !     Emma Head : Moi j'ai une petite question sur les victoires du reggae, tu es nominé dans la catégorie « album de reggae français » est-ce qu'une victoire comme celle-ci représente quelque chose pour toi ?     Tairo : Je mentirai si je disais oui, mais par respect pour eux je ne vais pas dire non. Et puis si jamais je gagne, bon ça me fera plaisir, mais je ne me dirai pas « ah ouais mon album il était vraiment génial » ou si je ne gagne pas « ouais il était vraiment nul ». Si demain je me mettais à faire la promotion de ce truc-là, peut être que je le remporterai puisque c'est le vote du public.. Enfin ce n'est pas essentiel.     Coralie Bottin : L'important, c'est que ça plaise au public.     Tairo : C'est ça. Et puis même des fois si ça ne plaît pas au public. Moi je pense que c'est un de mes meilleur disques « Reggae français » et c'est peut-être pas celui qui aura le plus de succès, celui que les gens plébisciteront le plus, j'en sais rien. Il faut savoir se détacher de ce que les gens disent de toi parce que sinon tu n'es plus libre.     Coralie Bottin : On entend la première partie, Dajak. Comment tu l'as connu ? Est-ce que c'est toi qui l'a choisi ?     Tairo : Dajak, ce n'est pas moi qui l’ai choisis. Moi j'ai accepté. C'est un jeune artiste dont je ne connais pas encore très bien le travail. Mais humainement je peux dire que c'est  quelqu'un de très sympa, respectueux et ça j’apprécie. Il n’a pas la grosse tête et il ne se la raconte pas.     Emma Head : Concernant la tournée, est-ce que cet été tu vas faire des festivals ?     Tairo : Oui, plein ! Là ce soir c'est une date un peu isolée. Mais on reprend la tournée le 4 mars à Bordeaux, jusqu'en novembre pour la dernière date. Donc ouais de mars à novembre on est en tournée et il y aura plein de festivals. Je n'ai pas tous les noms en tête, mais d’après le tourneur on est sur une soixantaine de dates cette année. On publiera ça en temps et en heure sur facebook, instagram, twitter, snapchat, et j'en passe et des meilleures (rires).     Coralie Bottin : Dernière question, j'ai vu que tu as fait du cinéma quand tu étais jeune, est-ce que le cinéma c'est quelque chose qui te donne envie ?     Tairo : Bah j'aime bien jouer la comédie et je m'en suis rendu compte sur le tournage du clip « Rendez-vous ». Ça m'a plu de jouer ce personnage. Je ne sais pas si j'irai chercher ça mais si quelque chose se présente, si le personnage est intéressant et si c'est bien écrit, je verrais bien ! D'ailleurs il n’y a pas très longtemps avec le Family Band, on a joué deux morceaux pour la bande originale d’un film dont la sortie au cinéma devrait avoir lieu dans les prochains temps !      Propos recueillis par Emma Head et Coralie Bottin.

Interview de Tété (11/03/17) / 14 mars 2017

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Magali Ohouens : Moi j’ai une question par rapport à ton parcours. Est-ce que la musique a été une évidence ou as hésité avec un autre domaine par exemple ?   Tété : En fait, je voulais plutôt être illustrateur au début, dessiner et tout ça. Et je crois que c’est quand la guitare est rentrée dans ma vie que j’y ai consacré de plus en plus de temps. Et puis même depuis que je fais ce métier j’essaye régulièrement de redessiner, de combiner les deux quand c’est possible. Je fais beaucoup d’image à côté. En faisant des vas-et-viens entre les deux, je crois que le lien entre tout ça, c’est le métier d’auteur finalement. Que ce soit en montant un petit documentaire, un clip, en dessinant ou en écrivant des chansons, pour moi ou pour d’autres, l’idée finalement, c’est toujours de raconter des histoires.   Magali Ohouens : Tu peux nous parler de Pierrot Lunaire et nous dire pourquoi tu as choisi de raconter ses histoires sur cet album ?   Tété : C’est un personnage qui vient de la commedia dell’arte qui a donné toutes les figures de Polichinelle, Colombine et qui sont à la base du théâtre classique des Molière et consort. Moi, ce qui m’intéressait, c’est ce qui nous restait de cette tradition-là, c’est la figure du rêveur mélancolique et de le décontextualiser. Sur l’album, ce que j’ai voulu, c’est d’essayer de parler au singulier d’une histoire qui représente des destinées collectives. Le personnage de l’album en bute avec la réalité aboutit à la conclusion que la solution, c’est de changer son regard sur les choses à défaut de pouvoir changer ces choses. Et du coup il va partir à la recherche de son Pierrot Lunaire en chansons, de ce fameux rêveur mélancolique. L’idée, c’était de montrer son environnement. Du coup, il y a une Colombine, il y a un duel avec sa conscience qui figure un des personnages de la commedia dell’arte qui est jaloux de l’amour que Colombine porte à Pierrot et qui essaie toujours de lui mettre des bâtons dans les roues sauf que dans mon album, c’est la conscience du personnage principal qui n’a pas envie qu’il aille mieux et donc qui essaie de lui tendre des pièges.   Gloria Manoka : Moi, j’aimerais que l’on parle un peu de l’esthétique de la pochette et que tu nous parles de la collaboration avec Jérôme Bauer.   Tété : Pour en revenir à l’idée de cet album, l’idée, c’était de se départir des choses. Le personnage principal, sa peur, c’est de ne plus pouvoir écrire. Donc, s’il ne peut plus écrire, est-ce qu’il est encore auteur ? Donc, peur de la perte d’identité. Et il se dit que s’il ne peut plus écrire, il a peur du déclassement, d’où ce départ à zéro avec un album enregistré en acoustique, dans le plus simple appareil et je voulais que l’artwork soit le reflet de cet artisanat-là tout comme la tournée l’est. On est deux d’habitude sur scène. Là, je suis seul ce soir.  Plus jeune je dessinais, donc c’est moi qui aie fait la pochette et les dessins à l’intérieur. Jérôme Bauer, c’est le directeur artistique en charge du projet. C’est quelqu’un que j’ai rencontré sur l’émission Tattoo by Tété que j’ai co-produite et présentée il y a quelques années Et j’avais beaucoup aimé son regard sur les choses, le recul qu’il pouvait m’apporter, son côté touche-à-tout.   Coralie Bottin : Je voudrais que tu nous parles des interludes comme « Candeur, candeur » ou « Tragique infortune ». Quelle est leur fonction ?   Tété : J’ai voulue mettre des interludes pour plusieurs raisons. Premièrement j’ai été vachement marqué par l’Étrange Noël de Mr Jack à l’époque qui est une musique de film et où on retrouve ce thème qui est décliné en plusieurs manières différentes, où chaque thème amène  à un personnage. L’autre truc, c’est que mes morceaux sont assez denses donc à la base l’idée, c’est de mettre des respirations en fait, sauf que là je voulais vraiment suivre ce fil rouge que chaque morceau fasse la respiration de l’autre.  Donc voilà, ce sont de petits interludes musicaux qui amènent un peu ailleurs par rapport aux ruptures des unités de narration.   Marie Ranieri : Moi, j’ai une question sur « Persona Non Grata ». Je trouve paradoxal d’écrire une aussi belle chanson sur le syndrome de la page blanche,   Tété : Je crois que c’est ce contraste-là que je cherchais. Au bout de six albums, la question ce n’est pas la page blanche mais plutôt : est-ce que quand j’ai une idée, je ne l’ai pas déjà dite ? Comment je pourrais le dire différemment ? Au-delà de ça, ce dont parle la chanson, c’est  que l’on peut être persona on grata auprès de sa plume quand on est auteur, auprès du marché du travail, on peut l’être auprès d’un être aimé, à l’entrée d’une boîte de nuit. Le mécanisme est le même, qu’il s’agisse d’une plume ou de quoi que ce soit d’autre.   Gloria Manoka : J’aimerais que l’on parle du clip de « Pierrot Lunaire » un peu. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots dessus ?   Tété : En fait de la même manière que j’ai travaillé avec Jérôme Bauer sur toute la direction de l’album, les clips, on a vraiment eu à cœur de les faire avec la même équipe et du coup, c’est eux aussi qui ont fait le clip de « Persona Non Grata ». Là l’idée, c’était de ne pas forcément figurer le clip de manière littérale et c’est pour ça qu’on est parti sur cette idée d’un type qui engage un détective privé, ce qui est sous-entendu dans la chanson, mais pour retrouver son Pierrot Lunaire justement qu’on ne voit jamais. Et c’est ça que j’aime bien un peu, l’absurde du décalage et donc j’aimais bien l’idée d’avoir un détective un peu à côté de ses pompes pour figurer cette histoire-là. Et le dernier clip qu’on a mis en ligne mais juste sur les réseaux sociaux, c’est pour la chanson « Chanteur sous vide », mais je n’ai pas fait le clip avec cette équipe-là, c’est un truc que j’ai fait moi avec Jérôme Bauer qui m’a aidé pour le script, mais je crois qu’on va encore essayer de garder ce fil rouge de l’absurde.   Marie Ranieri : Et du coup une dernière question, « Chanteur sous vide », ce serait le prochain single ?   Tété : Non, en fait on ne l’a pas fait dans une logique de single. Je crois que le métier a beaucoup changé et qu’on est condamné à se réinventer tout le temps, un peu à l’image des personnages de l’album, y compris en tant que chanteur. Je crois que si on parle de single on pense radio, et je pense qu’en termes de diffusion de média, il n’y a rien qui remplace la puissance de la radio. Mais ce que j’expérimente sur cet album-là c’est aussi de faire les choses différemment et de pouvoir continuer à faire mon métier, écrire mes chansons et les chanter, sans tout miser là-dessus. Mais c’est sûr que quand il y a un morceau qui rentre à la radio, c’est un ambassadeur pour la tournée, pour l’album, pour tout le reste. Mais j’aime bien cette époque où justement le fait que le cadre ait volé en éclat, ça fait qu’il y a quelques mois j’ai voulu balancer un morceau sur internet, un morceau inédit, quelque chose qui ne se faisait pas avant. J’aime la spontanéité possible grâce à notre époque.   Propos recueillis par Magali Ohouens, Gloria Manoka, Coralie Bottin et Marie Ranieri.

Interview de Dajak (28/01/17) /

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Coralie Bottin : La dernière fois que tu étais venu ici, tu participais au concert inter-lycée. C’était il y a deux ans. Qu’est-ce que ça fait de passer de ça à la première partie de Taïro ? Dajak : Ça fait plaisir, en plus c’est dans la même salle avec la même équipe, les mêmes gens... Ça prouve qu’il y a une petite évolution et qu’indirectement le concert inter-lycée, ça a payé. C’était un petit concert et là ce soir c’est plus gros, va y avoir pas mal de monde et puis on est avec Taïro, un artiste que j’aime beaucoup, donc ça fait vraiment plaisir. Coralie Bottin: Et ça s’est passé comment pour que l’on vous demande d’assurer la première partie ? Dajak : Alors tout simplement en contactant l’équipe de l’Empreinte avec qui j’entretiens de bonnes relations depuis qu’on les connait, depuis le concert inter-lycée. On s’est mis d’accord sur cette date pour faire la première partie et ça tombait bien. Emma Head : J’ai une question sur les collaborations. Il y en a une avec Scars, et je voulais savoir s’il y a des artistes avec lesquels tu aimerais collaborer, notamment dans le Rap ? Dajak : Tu veux dire en France ou à l’international ? Emma Head : Peu importe, dans tes rêves les plus fous… Dajak : On va faire étape par étape du coup. Dans le reggae français actuel, celui qui est très très chaud et avec qui je voudrais bien faire un featuring ce serait les Jahneration, avec qui j’étais au Nouveau Casino. Ils sont très sympas en plus. Sinon à l’international, ce serait General Levy, en reggae. Et en Rap… Nas ! Coralie Bottin: Avec Newik vous avez été nommés révélation de l’année aux Victoires du reggae l’année dernière. Qu’est-ce que ça représente ? Dajak : Alors c’était juste la nomination. On n’a pas eu le titre, mais ça fait plaisir ça nous montre qu’au moins on ne travaille pas pour rien, et qu’on ne se prend pas la tête pour rien. On a eu un retour positif donc ça motive aussi, ça nous pousse à continuer. Cette année on est nominés dans la catégorie Mix Tape de l’année, donc deux nominations deux ans de suite, c’est cool. Après c’est pas une victoire en soit, ce n’est pas ce qu’on vise. Ça ferait plaisir mais on ne se dit pas que c’est absolument ce qu’il nous faut. Ce qui compte c’est qu’on ait des sons qui tournent, des gens en concert et après c’est que du plus ! Emma Head: Pour les clips, comment ça se passe. Est-ce que c’est toi qui gère tout? Dajak : Sur mes deux derniers clips j’ai bossé avec plusieurs personnes, donc sur mon clip « Musical Soldier », l’avant dernier, j’ai bossé avec mon gars Paul Joseph ou SLON sur Instagram et Facebook qui est un jeune de mon âge qui fait des clips plutôt cool avec des bonnes idées. Donc ça c’était pour le clip « Musical Soldier », un peu psyqué, un peu ce qui se fait en ce moment, mais qui se fait moins dans le reggae justement et qu’on a essayé d’apporter un petit peu. Il y avait aussi mademoiselle Melissa Le Garrec qui d’habitude fait les photos, et qui a aussi fait la pochette de la Mix tape d’ailleurs. Elle s’est aussi occupée du cadrage pour le clip « Pull Up Selecta ». Et si tout se passe bien on en refait un en mars, issu de la dernière Mix Tape « TapeDemNow » qui est en téléchargement gratuit, sorti en juin. Coralie Bottin: Du coup qui est-ce qui s’occupe des réseaux sociaux ? Dajak : Moi, je m’occupe de mon Facebook et de mon Instagram, après je ne suis pas non plus sur tous les réseaux sociaux. Twitter par exemple, je l’utilise très rarement. Mais sinon c’est moi, et Newik aussi qui publie quelques trucs. Emma Head: Par rapport à Taïro et son album reggae français, qui chante tout le temps en français, est-ce que toi ça t’intéresse ? Dajak : C’est quelque chose qui a été essayé mais qui a été vite mis de côté, et c’est introuvable d’ailleurs, une chanson de mes débuts, impossible de la retrouver. Pourquoi pas peut-être un jour, mais en fait quand j’ai commencé à faire du son je n’écoutais que des chansons en anglais et en jamaïcain et moins des choses en français, ça j’ai commencé à m’y m’être vraiment plus tard. Mais peut-être un jour, qui sait ! Pour l’instant je m’y plais bien dans cet anglais pas très jamaïcain, faut voir pour la suite. Coralie Bottin: Du coup rien à voir avec la musique mais la dernière fois tu envisageais de partir étudier à la fac, est-ce que c’est toujours d’actualité ? Dajak : Oui, alors la dernière fois j’étais en terminal au lycée Jacques Amyot, et maintenant je suis en fac de musicologie à Saint-Denis et ça se passe tranquillement. Ça reste dans le même domaine, comme ça que je sois en train de travailler pour mes projets ou pour mes études ça reste un peu la même chose. Propos recueillis par Coralie Bottin et Emma Head.

Live report de Romain Humeau / 8 mars 2017

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« Le public trépigne en son coeur, impatient de voir débarquer « Romain », comme certains l'appellent. Quand celui-ci foule la scène, accompagné de ses musiciens, il déborde aussitôt d'une amitié sereine et complice pour son public -tout au long du concert, on aura le sentiment d'être de bons potes- et n'hésite pas à claironner qu'il faut fêter le fait que Fillon soit inquiété. Je participe aux clameurs fraternelles qui s'élèvent alors, et qui, mariées à de fervents applaudissements, marqueront la fin de chacune des chansons du groupe, tirées principalement de l'album Mousquetaire #1, et de celui à venir. Autant avec Saragosse que Paris, le leader d'Eiffel, tout en authenticité, déferle sa voix, conteuse, sur le micro, escorté par deux guitares -dont la sienne-, une basse et un clavier, qui crient leur notes délicieusement rock. Humeau se dandine et des sourires de régalade fusent sur son visage. Tous s'abandonnent à la musique qui résonne puissamment dans les enceintes, et vient même, parfois, remplacer les battements de mon coeur. Je n'ai finalement à dire qu'une chose ; rock à point. » Maëlla Fassot

Interview d’Imany (14/01/17) / 13 février 2017

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Morgane Wagener: Imany veut dire la foi en arabe. Qu’est-ce qui t’a inspiré pour choisir ce pseudonyme ? Imany : A vrai dire, pas tellement la signification. C’est un nom dans le film « Un prince à New York » avec Eddie Murphy. À 17 ans, j’ai dû changer de nom parce que j’ai commencé la mode et il y avait d’autres filles qui s’appelaient Nadia, c’est mon vrai nom. On m’a donc demandé de changer de nom et mon film préféré à l’époque, c’était « Un prince à New York », une comédie que j’adore. Le nom de la princesse stupide dans le film s’appelle Imany. En fait, je ne connaissais pas du tout le sens du mot à l’époque. Léa Mas : Moi, je voulais savoir d’où t’est venue l’envie de chanter en anglais ? Imany : Dès le départ en fait ! J’ai toujours aimé chanter en anglais. J’ai toujours aimé la musique anglo-saxonne. Et comme j’étais aux Etats-Unis au moment où je me suis vraiment engagée dans la musique, c’était logique en fait. Je me suis associée à des musiciens locaux sur place, qui étaient donc américains et qui m’ont appris ce qu’était un refrain, un pont, etc. Maéva Cherrière : Donc tu dis que tu as choisi l’anglais par rapport aux musiciens… Imany : Pas que par rapport aux musiciens ! Déjà je voulais parce que j’aimais la musique américaine. En plus j’étais aux Etats-Unis et ensuite les musiciens avec qui je travaillais et avec qui j’ai appris à écrire les chansons, c’était des Américains. C’est un ensemble de choses. Maéva Cherrière : Mais, du coup, pourquoi est-ce que tu as eu envie de revenir en France ? Il y a une raison particulière ? Imany : Oui, il y en a une et une majeure ! Je me disais que je n’y arriverais pas aux Etats-Unis, en tout cas pas à New York où il y a une artiste talentueuse qui naît toutes les deux minutes et que les gens dans le métro ont plus de talent que toi ! Je me disais que ça allait être compliqué. En plus, je trouvais qu’aux Etats-Unis, il y a un truc un peu spécifique. Il faut rentrer dans des cases aux Etats-Unis. De loin, on a l’impression que tous les grands talents viennent de là et c’est vrai mais quand même il faut rentrer dans des cases. Quand vous êtes un type de chanteuses, il faut faire un type de chansons et moi, je ne me sentais pas encore complètement affirmée dans qui j’étais en tant qu’artiste pour pouvoir accepter les cases que l’on m’imposait. Et j’avais l’impression qu’en retournant en France, j’aurais plus l’espace et le temps de trouver qui j’étais. Marie Ranieri : Je voudrais te poser une question sur ton site, qui est tout en anglais. Votre objectif, c’est de privilégier une carrière à l’international ? Imany : Aujourd’hui, elle est déjà internationale. Déjà, sur la première tournée, on a eu pas mal de succès dans les pays étrangers : la Pologne, la Russie, l’Italie. Là, grâce au remix [ndlr, remix de « Don’t be so shy » par Filatov & Karas], il y a encore plus de pays. Marie Ranieri : Le site était dès le départ en anglais ? Imany : Non pas du tout. Ça a dû être changé. Au départ, c’était en français. C’est pour simplifier et ne pas avoir deux sites. Et puis finalement, maintenant même les Français parlent anglais. Léa Mas : Le remix, ça a dû t’apporter un nouveau public ? Imany : Le remix, ça nous a apporté un public plus large. Ça a touché plus de gens. Ça a rajeuni mon public en fait. Coralie Bottin : Tu en es déjà à ton deuxième album. Pourquoi tu as choisi le titre de la chanson « The Wrong Kind of War » pour le titre de l’album ? Imany : « The Wrong Kind of War », c’est une chanson sur l’album qui porte sur un couple qui avait toutes les chances d’y arriver et qui au final sont sur les cendres de leur histoire et ils se disent qu’ils ont tout gâché. Je trouvais que premièrement, le titre sonnait bien. Moi, j’aime beaucoup les titres. Je trouve qu’un beau titre, c’est déjà une belle fenêtre sur une chanson. Ça me donne déjà envie de l’écouter. Et aussi, je trouvais que c’était celui qui pouvait parler de toutes les chansons en ce sens où le seul vrai combat qu’il faut mener, c’est celui avec soi-même. Ça se retrouve dans l’amour, ça se retrouve dans la politique, ça se retrouve dans le social. Si tu te sens bien dans ta peau, t’as pas envie d’aller shooter le mec à côté. Si tu te sens bien dans ta peau en tant que femme, tu ne vas pas être là dans ton couple à dépendre de ce que ton conjoint fera pour toi, pour ton bonheur. Tu n’es pas tributaire de l’autre pour ton bonheur. Je parle de mon expérience personnelle. Dans les couples, on croit que l’autre va être la raison de notre bonheur ou de notre malheur alors que si tu fais le boulot dans ta tête pour être bien, il n’a rien à voir là-dedans. C’est donc la chanson qui je trouvais qui pouvait parler de tous les thèmes de manière directe ou indirecte. Marie Ranieri : Je suis tout à fait d’accord. Je connais des filles qui veulent avoir un enfant parce qu’elles pensent que c’est ce qui va leur apporter le bonheur alors qu’en fait, non, l’équilibre doit venir de soi-même. Imany : Ça doit venir avant ouais ! Moi, je viens d’avoir un enfant et on se rend compte que toutes les névroses, elles ressortent. Marie Ranieri : Elles sont exacerbées. Imany : Elles sont exacerbées oui et l’enfant les porte sur lui. Nous, les femmes, on est programmées à trouver l’amour, à être heureuses en amour, à se marier. C’est ça l’objectif. Si à trente ans, t’es pas mariée, t’as gâché ta vie. Le problème, c’est déjà comment on élève nos enfants, et surtout nos filles. Le bonheur ne dépend jamais de l’autre, jamais ! Léa Mas : J’ai l’impression qu’on est conditionnées avec tous les Disneys. Imany : Ah oui, certainement. C’est horrible. Léa Mas : On devrait nous apprendre à nous aimer nous-mêmes. Imany : Exactement. À nous accepter. Tu regardes La Belle au Bois-Dormant, littéralement, elle dort et c’est un bisou d’un mec qui arrive et hop, ça fleurit partout ! Le problème, il est là. Tu as raison. Moi, j’avais écrit une chanson qui n’est pas sortie : « I Blame It on Hollywood. » J’accuse Hollywood. C’est une chanson un peu ironique. Quand tu regardes toutes les comédies américaines romantiques, c’est horrible. Elle se fait traitée comme de la merde pendant dix ans mais à la fin il a changé d’avis, il est devenu sympa et on devrait toutes êtres heureuses parce qu’ils sont enfin ensemble. Maéva Cherrière : Sinon, est-ce que tu pourrais nous dire quelques mots sur la pochette de l’album ? Imany : Je voulais une photo forte. Un deuxième album, ce n’est pas rien. Souvent les deuxièmes albums, c’est casse-gueule. Le premier, personne ne vous attendait au tournant donc quand ça marche ben, c’est une belle surprise. Mais, après pour le deuxième, tout le monde vous attend. Je n’avais pas tellement envie d’être sur la couverture, alors ça, ça a fait hurler le label parce qu’en termes de marketing c’est dangereux. On ne va pas me reconnaître, et pour les gens qui ne me connaissent pas, c’est encore pire. On a fait une grosse séance de quatre jours. On était à Dakar, au Sénégal. Quand on a vu celle-là, on savait que c’était celle-là. Il y avait quelque chose de fort avec ces gamines derrière les barbelés. Cette petite fille qui est de l’autre côté. Elle a les bras croisés. Elle regarde un peu les gens avec défi. Il y a à la fois le passé, le présent et le futur et en fait ce qui nous a plu, c’est que cette photo a suscité énormément de questions à ceux à qui on l’a montrée. Il y en a que ça déprimait ; il y en a à qui cela donnait de l’espoir. J’avais envie de susciter une conversation. Maéva Cherrière : On se demandait où a été tourné le clip « Silver Lining (Clap Your Hands) » et est-ce que tu pourrais nous dire quelques mots sur le texte introductif qui est très beau ? Imany : « Silver Lining », ça a été tourné à Dakar dans un petit ghetto. On a filmé avec des gens de ce quartier. C’était assez drôle à faire. Pour le texte au départ, j’avais envie d’un truc fédérateur en dehors de « clap your hands ». J’avais envie d’expliquer qu’effectivement on est en collectivité sur cette planète, qu’on est tous les mêmes, qu’il faut dépasser tous ces clivages pour pouvoir aspirer à un monde meilleur. Il faut miser sur l’espoir plutôt que sur la peur. On l’a co-écrit avec Malik N’Diaye et on voulait un truc qui attire l’attention tout de suite. Il y a ces petites filles avec le gant noir des Black Panthers et les Black Panthers, ce n’était pas Black Power mais Power to the People [ndlr, le pouvoir au peuple]. Léa Mas : Tu as composé la bande originale de « Sous les jupes des filles » avec Emilie Gassin et Natalia Doco. Qu’est-ce qui a motivé ta participation à ce projet et est-ce que le cinéma t’intéresse ? Imany : C’est Audrey Dana, la réalisatrice qui est venue me chercher pour faire la bande-originale du film. Au départ, c’était juste pour faire un titre à la fin du film et au final elle m’a carrément proposé la direction de la musique. J’étais tentée de dire non car je sortais d’une première tournée et j’étais crevée et je ne m’en sentais pas capable. Mais j’aimais bien son projet. Elle voulait faire une musique de filles par les filles. J’avais envie de sortir du truc fifilles. Elle voulait un album de chansons avec des chanteuses. Donc, je suis allée chercher des chanteuses. Emilie Gassin, on l’a vue en première partie, on lui a proposé. Pareil pour Natalia Doco. C’était des chanteuses qui n’étaient pas encore connues. On a cherché des voix qui nous intéressaient. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée à écrire des chansons pour ces filles qui sont devenues des copines d’ailleurs depuis. Ce sont des super filles avec beaucoup de talent. C’était une grosse grosse aventure qui a pris un an de ma vie mais c’était vraiment chouette ! Léa Mas : Et le cinéma, ça t’intéresse ? Imany : Ça m’a toujours intéressée ! Je prenais des cours de théâtre avec Suzanne Batson à New York, qui est un gros coach. Si j’ai le temps, parce que pour l’instant je n’ai pas le temps… Marie Ranieri : Donc, ce n’est pas une priorité ? Imany : Non, ce n’est pas une priorité. La priorité aujourd’hui, c’est l’album, c’est défendre l’album, voir jusqu’où ça me mène. Marie Ranieri : En France et à l’étranger ? Imany : Oui, c’est ça. En France et à l’étranger et le plus loin possible. Après, j’aimerais bien faire une pause parce que depuis 2010 je ne me suis pas arrêtée. Donc, peut-être que le cinéma rentrera là-dedans ou pas. Marie Ranieri : T’as eu des propositions ? Imany : J’en ai eu quelques-unes mais qui ne m’intéressaient pas. Mon loyer n’en dépend pas donc je préfère faire ce que j’ai envie de faire. Morgane Wagener : Tu es engagée dans plusieurs causes. Pour toi, être engagée, c’est important ? Imany : Ouais je trouve que c’est important. On vit en collectivité sur cette planète et la célébrité, ça ne sert à rien sinon. Ça sert juste peut-être à rentrer au restaurant plus facilement, à rentrer en boîte de nuit plus facilement mais je ne vais pas en boîte de nuit. Moi, ça ne me sert à rien à part à ça. Il y a des causes comme celle de l’endométriose qui n’aurait pas de lumière s’il n’y avait pas une espèce de rayonnement d’une célébrité pour pouvoir avoir l’attention des médias. Donc, on s’en sert. Je pense qu’être une artiste, c’est aussi ça. Que ton boulot c’est chanteur, acteur ou peintre, ton boulot, c’est de refléter le temps dans lequel tu vis. C’est pas moi qui dis ça, c’est Nina Simone et je suis d’accord avec elle. Sinon, on est juste là pour divertir les gens. On peut aller plus loin et toucher le cœur des gens et leur cerveau. Coralie Bottin : A titre personnel, je ne connaissais pas l’endométriose. C’est en lisant une de tes interviews que j’ai découvert ça. Imany : C’est une vraie maladie justement pour les filles de votre âge. Moi, j’ai été diagnostiquée quand j’avais vingt-trois ans. On a fait une première campagne sur l’endométriose et ça n’avait jamais été fait et c’est une maladie qui a été découverte en 1850 ! C’est quand même incroyable. Il y a plein de gamines que les infirmières regardent de haut en leur disant, « c’est normal si t’as mal. Tu ne peux pas aller à la piscine, c’est un prétexte. » Je sais ce que c’est. J’avais dix-sept ans, j’étais pliée en quatre. J’avais droit au mépris des mêmes gens. J’ai été diagnostiquée à vingt-trois ans. Plus tôt tu le sais, mieux c’est. Et l’association pour laquelle je suis marraine, Endomind, c’est une super association. Leur action, c’est de faire connaître la maladie mais pas seulement. Je te donne un exemple. Il y a une jeune fille de dix-sept ans qui allait passer le bac cette année et qui s’est fait virer en novembre parce qu’ils en avaient marre de son absentéisme alors qu’elle a un mot du docteur qui dit qu’elle a une endométriose extrêmement violente et qu’une semaine par mois, elle ne peut pas aller à l’école. Cette association a pris les choses en main si bien qu’elle est revenue à l’école. L’association a redonné une dignité à cette gamine. Si vous pouvez vous engager pour des causes, c’est bien de le faire parce que déjà, c’est bien pour vous. Propos recueillis par Morgane Wagener, Léa Mas, Maéva Cherrière, Coralie Bottin et Marie Ranieri.
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